Cover of Mercury
Legend · Volume II

Mercury

The Man Behind the Mask
Mary Leonard · Foreword by Allaj Sidibe
Coming in 2027

Published in French as Mercury. English edition not yet announced.

“They cremated Farrokh; they mourned Freddie. Two men, one coffin.”

Zanzibar, 1946. A child is born Farrokh Bulsara on an island in the Indian Ocean. At eight he is sent to boarding school in Panchgani, in British India, where he learns the piano and becomes "Freddie".

London, 1970. An art student, painfully shy, decides he will be a god on stage. He invents a name taken from his own lyrics, designs his crest, builds his voice. Bohemian Rhapsody comes out in 1975.

Garden Lodge, 1991. Behind the light, a hidden life, and an illness kept secret until the day before his death, on November 24.

Contents
  1. The Child of Zanzibar
  2. The Invention of Mercury
  3. The Stage Character
  4. The Man Behind the Mask
  5. The Cooling Metal
  6. Epilogue · Who, Behind the Mask?
Format
Biographical essay
Pages
113 (luxe hardcover) · 119 (paperback)
Release
Coming in 2027
Series
Legend
Languages
French

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Excerpt from Mercury

The book is published in French: the excerpt below is the original French text.

Excerpt from the book760 words · 3 min read
PROLOGUE — LA CÉRÉMONIE DU FEU

Le 27 novembre 1991, dans une petite chapelle du crématorium de Kensal Green, à l’ouest de Londres, on enterrait l’une des stars les plus célèbres de la planète. Ils étaient à peine quarante. Quarante, pour un homme que des centaines de millions de gens avaient regardé, acclamé, idolâtré. Ses parents. Sa sœur. Les trois autres membres de Queen. Mary, qu’il avait aimée et qui ne l’avait jamais quitté. Jim, avec qui il avait vécu ses dernières années. Elton, un ami de presque vingt ans. Et, devant cette assistance réduite et brisée, deux prêtres zoroastriens qui psalmodiaient dans une langue que personne, dans cette pièce pourtant emplie de ses proches, ne comprenait. Car le rite se déroulait en avestan, la langue sacrée d’une religion millénaire, celle dans laquelle l’homme qu’on pleurait avait été initié enfant. Les prêtres récitaient les antiques prières des morts de cette foi venue de Perse, et les seuls mots d’anglais qu’ils prononcèrent de toute la cérémonie servirent à indiquer aux non-initiés quand se lever et quand se rasseoir. Elton John le dira plus tard sans détour : aucun d’eux, aucun de ceux qui étaient venus rendre un dernier hommage, ne saisit un seul mot de ce qui se disait sur le cercueil. On entendit aussi, ce jour-là, la voix d’Aretha Franklin, et un air de Verdi chanté par la cantatrice qu’il avait tant aimée, l’opéra et le gospel, ses deux ferveurs, pour l’accompagner. Et sur le cercueil, une seule rose rouge. Arrêtons-nous sur cette image, parce qu’elle contient tout le livre. L’homme le plus exposé du rock, celui qui s’était donné en spectacle devant des stades entiers, qui avait fait chanter des foules d’un geste, achevait sa vie au milieu d’un rite que

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5 ses plus proches ne pouvaient pas déchiffrer. Au moment précis où on le rendait à lui-même, à ses origines, à ses ancêtres, il redevenait pour eux un inconnu. La distance qu’il avait mise toute sa vie entre le monde et lui tenait encore, intacte, jusque dans la mort. Et il y a plus troublant encore. Le monde, ce jour-là, pleurait « Freddie Mercury ». Mais ce n’était pas ce nom que les prêtres confiaient au feu. Ils rendaient les derniers honneurs à Farrokh Bulsara, le nom de naissance, le vrai, celui que presque personne dans cette chapelle n’avait jamais employé. Le nom de l’enfant de Zanzibar, sous le nom de la légende de Londres. On incinérait Farrokh ; on pleurait Freddie. Deux hommes, un seul cercueil. C’est ainsi que s’achève l’existence de cet homme : par une cérémonie où ceux qui l’aimaient le plus ne comprenaient ni la langue, ni tout à fait le nom. Toute sa vie, il s’était arrangé pour cela. Pour être vu par tous et connu de presque personne. Pour briller si fort que la lumière elle-même tiendrait l’homme dans l’ombre. C’est ce que ce livre voudra nommer, et suivre, de bout en bout : l’art de disparaître en pleine lumière. Et la disparition, ce jour-là, fut totale. Ses cendres ne furent confiées qu’à une seule personne, Mary, avec une consigne tenue jusqu’au bout : que nul ne sache où elles reposent. Aujourd’hui encore, plus de trente ans après, personne ne connaît avec certitude le lieu de sa sépulture. L’homme le plus regardé de son temps s’est arrangé pour s’effacer sans laisser d’adresse. Le masque, jusque dans la mort, n’est pas tombé. Pour comprendre comment on devient un étranger à ses propres funérailles, il faut remonter loin. Avant les stades, avant les justaucorps, avant le nom de Mercury. Il faut remonter jusqu’à une île de l’océan Indien, jusqu’à un petit garçon qui s’appelait Farrokh, et jusqu’au jour où il a décidé de devenir quelqu’un d’autre. C’est là que tout commence.

Sources principales du prologue. Funérailles de Freddie Mercury, 27 novembre 1991, West London Crematorium (Kensal Green) : cérémonie privée d’environ

6 quarante personnes (parents, sœur Kashmira, les trois autres membres de Queen, Mary Austin, Jim Hutton, Elton John) ; rite zoroastrien conduit par des prêtres parsis en langue avestane, les seuls mots anglais servant à indiquer quand se lever et s’asseoir (témoignages d’attendants, dont Elton John) ; musiques d’Aretha Franklin et air de Verdi ; rose rouge sur le cercueil ; crémation selon la tradition zoroastrienne. Nom de naissance : Farrokh Bulsara. Cendres confiées à Mary Austin ; lieu de sépulture tenu secret jusqu’à aujourd’hui. (La foi zoroastrienne de Freddie Mercury est rapportée comme un fait biographique et traitée avec respect ; le livre n’applique aucun vocabulaire divin à la personne. Liste détaillée à établir en fin de volume.)

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